décembre 7, 2021

SANTE221

L'info au-delà du diagnostic

MALADIES TROPICALES NEGLIGEES:  Un objectif de réduire la charge de morbidité

Le Sénégal s’est fixé un objectif de réduction de la morbidité des maladies tropicales négligées. Le pays vise aussi l’éradication conformément aux normes de l’organisation mondiale de la santé (OMS). Cela d’ici 2030. Il faut noter que des maladies comme la lèpre ont été éliminées même si, élimination n’est pas synonyme d’éradication. Les contraintes sont là, malgré les efforts et les actions menées dans le domaine.

 Un objectif de réduire la charge de morbidité

  Les maladies tropicales, négligées (MTN) sont un ensemble de maladies parasitaires bactériennes diverses qui touchent surtout les personnes les plus vulnérables. C’est en effet parce que ça touche cette couche et qu’il y a peu d’intérêts des pays occidentaux, qu’on utilise le vocable ‘’négligé’’. Ces maladies suscitent aussi peu d’intérêts du côté de la recherche et des médicaments. Elles ne créent pas directement un décès mais peuvent toucher la personne pendant des années.  Elles sont aussi handicapantes.  La morbidité est réelle. La létalité   n’est pas directe, les pays occidentaux sont épargnés et la communauté internationale ne manifeste pas beaucoup d’intérêts pour ce qui est des maladies tropicales négligées.  Il faut pourtant assurer le diagnostic précoce, assurer la prise en charge correcte au cas par cas et organiser des campagnes de distribution de masse de médicaments des pour les maladies à chimiothérapie préventive.

Tous les 79 districts sont endémiques au Sénégal, les chiffres de la campagne

Au Sénégal la cartographie du système sanitaire fait état de   79 districts sanitaires. Ils sont autant qu’ils sont, endémiques.  Du moins pour ce qui est des maladies tropicales négligées. La coordonnatrice du programme de lutte contre les maladies tropicales négligées au niveau du ministère de la santé et de l’action   sociale du Sénégal a notifié que notre pays fait des efforts. « Depuis les années 2000, un nouvel élan est pris pour une meilleure prise en charge de ces pathologies.  Au Sénégal comme à l’instar des pays africains, le Sida, la tuberculose, le paludisme entre autres étaient prioritaires.  Seulement des partenaires appuient aujourd’hui la lutte contre les MTN ».  Il faut noter que vingt (20) MTN sont répertoriées mais le Sénégal lutte contre 13 d’entre elles. Cinq (la filariose lymphatique, l’onchocercose les géo-helminthiases et le trachome) de ces maladies sont à chimiothérapie préventif.  C’est d’ailleurs, ces dernières qui justifient la campagne de distribution de masse de médicaments.  Les huit autres sont dans la prise en charge au cas par cas.  Il  s’agit  entre  autres  de  la  lèpre, de  la  gale, des  morsures  de  serpents  de  la  rage. «  Le  ministère dispose  de  différentes  branches  concernant  les  différentes  pathologies. L’idée étant de contribuer à l’effort international d’élimination des maladies tropicales négligées   d’ici 2030 » Au niveau de 12 régions sur les 14 que compte le Sénégal, une campagne de distribution de médicament a été organisée.  Cela à l’instar   des pays africains, conformément à la recommandation de l’organisation mondiale de la santé.  Cette campagne vise les maladies à Chimiothérapie préventive précitées.  Elle s’est déroulée du 15 au 20 décembre.  Dans ces 12 régions, 46 districts ont été ciblés la filarziose lymphatique   les géo-helminthiases, l’onchocercose. Elle vise la réduction de la charge de morbidité, et à éviter les complications qui découlent de l’évolution chronique.  Les médicaments sont à suffisance. L’organisation mondiale de la santé a facilité l’acheminement des médicaments la pharmacie nationale de l’approvisionnement participe à la gestion des médicaments.

Déficit financier, méconnaissance des MTN, entre autres contraintes

 Ces maladies demeurent méconnues et la lutte doit être multisectorielle. Ainsi la majorité des cibles se trouvent dans les écoles. « Nous collaborons par exemple avec le secteur de l’éducation. Pour cette campagne, ceux sont les enseignants eux-mêmes qui ont administré les médicaments aux enfants » renseigne le docteur Kane.  A l’en croire les partenaires ne sont pas trop nombreux ce qui fait que le programme peut faire face à un déficit financier.  Enda Santé est l’organe d’exécution de l’organisation mondiale du fleuve Sénégal (OMVS).  Qui parle de barrage et d’irrigation parle de bilharziose.   Il y a une forte prévalence de la maladie dans les régions nord à proximité dudit barrage.  Il s’agit de Matam, Saint-Louis et des villes comme Podor.   Le Secteur privé doit également s’impliquer dans la lutte contre ces pathologies.   Et c’est dans ce sillage que l’OMVS, entre autres partenaires, répond à la lutte en tant que partenaires. « Il ne s’agit pas de se limiter au niveau de la santé. Les populations aussi doivent mieux connaitre les maladies.’’ Il y a une insuffisance dans la communication, on entend le programme que pendant la campagne, un plan de communication élaboré va être établit afin de permettre le déroulement de tous les activités.  Il y a aussi la formation des personnels de santé pour une bonne prise en charge au niveau opérationnel.

Un impact économique négatif

Les maladies tropicales Négligées touchent les personnes vulnérables. Elles créent un handicap et ont un impact notoire sur l’économie. Ces maladies sont notées   en grande partie chez les personnes et appauvrissent davantage les victimes.  La pauvreté, l’éducation, l’hygiène entre autres objectifs durables de développement (ODD) sont touchées.  Mieux, selon la coordonnatrice nationale du programme de lutte contre les maladies tropicales négligées au Sénégal, ‘’au moins dix (10) objectifs de développement durable sont affectés. Docteur Ndèye Mbacké Kane affirme sans détours que les éradiquer serait synonyme de contribuer à la réalisation de l’atteinte des ODD.  Il faut noter que les personnes vulnérables sont, les enfants qui sont d’âges scolaires.  Ils sont souvent    confrontés à un manque de rendement scolaire et aussi à l’abandon. Cela à cause des absences répétées.  Pour les femmes, le trachome constitue un problème. La maladie a rendu plusieurs femmes aveugles.  Du point de vue économique, la femme est un pilier au niveau familial. Si elle est aveugle beaucoup de choses ne marchent pas et la répercussion est souvent fatale au niveau de la famille.  Les personnes vulnérables, en plus des femmes et des enfants, ce sont aussi celles démunies. La plupart gagne leur vie au jour le jour. Une fois malades, leurs activités cessent et leur vulnérabilité s’accentue.